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Le rôle de la jeunesse haïtienne dans le développement durable : une approchecritique des dynamiques d’exclusion politique »

Updated: Apr 28


Il est communément admis que la valeur d’une nation est intrinsèquement liée à celle de sa

jeunesse. De la même manière, la qualité de cette jeunesse dépend étroitement de son niveau

d’éducation et de formation. Ainsi, plus une jeunesse est instruite, consciente et bien préparée,

plus elle constitue un socle solide pour un développement national durable et pérenne.

Dans les dynamiques sociopolitiques contemporaines, la jeunesse représente une variable

stratégique essentielle au développement durable. Elle incarne une force vive, dotée d’un potentiel

d’innovation, de transformation sociale et de continuité générationnelle. En Haïti, cette frange

démographique majoritaire se trouve néanmoins confrontée à des mécanismes d’exclusion

structurelle, notamment dans les sphères décisionnelles et politiques. Pourtant, toute trajectoire

de développement pérenne repose, entre autres, sur l’implication active, éclairée et responsable

de la jeunesse dans la gouvernance publique.

C’est dans cette perspective que s’inscrit la présente réflexion, qui vise à interroger de manière

critique les représentations, discours et pratiques entravant la participation politique des jeunes

en Haïti. En déconstruisant les stéréotypes sociétaux associés à la politique, il s’agit de mettre en

lumière les stratégies discursives et idéologiques qui perpétuent l’aliénation civique, tout en

appelant à une redéfinition du rôle de la jeunesse dans le processus démocratique et institutionnel.

L’analyse révèle que la société haïtienne est depuis longtemps marquée par des logiques

spéculatives de peur, de méfiance et de silence vis-à-vis de la chose publique. Dès l’enfance, un

discours normatif, dépourvu de fondement scientifique ou empirique, inculque aux citoyens que la

politique relèverait d’un espace corrompu, immoral et dangereux. Cette vision réductrice, souvent

entretenue par des acteurs politiques eux-mêmes, vise à disqualifier toute velléité d’engagement

civique en dehors des cercles de pouvoir traditionnels. Ce faisant, elle consolide un ordre établi

fondé sur la reproduction des élites, au détriment d’une participation citoyenne inclusive et

démocratique.

Or, cette perception de la politique comme un espace intrinsèquement vicié constitue une entrave

majeure à la consolidation démocratique. En tant que discipline scientifique, la science politique

repose sur des principes méthodologiques, éthiques et opérationnels qui structurent la gestion de

la chose publique dans toutes les sociétés modernes. La diabolisation de la politique apparaît dès

lors comme un dispositif idéologique visant à exclure les catégories sociales perçues comme

menaçantes pour le statu quo, en particulier les jeunes.

Dans un tel contexte, il devient impératif de promouvoir une éducation civique fondée sur la

rationalité, la déconstruction des mythes politiques et la valorisation de la participation citoyenne.

L’engagement politique de la jeunesse ne saurait être perçu comme un luxe ou une menace, mais

comme une nécessité stratégique pour garantir la stabilité institutionnelle et le développement

durable du pays. Une jeunesse formée, informée et socialement intégrée est à même de jouer un

rôle central dans la transformation des structures de gouvernance et dans l’émergence d’un

nouveau contrat social fondé sur l’inclusion, la transparence et la responsabilité.En somme, l’avenir d’Haïti demeure inextricablement lié à la mobilisation consciente, organisée

et structurée de sa jeunesse. Pour qu’elle puisse jouer un rôle significatif dans la construction

d’un développement véritablement durable, il est impératif de l’outiller adéquatement, tant sur le

plan cognitif — à travers une éducation de qualité, critique et citoyenne — que sur le plan civique,

en facilitant son accès effectif aux espaces de délibération, de décision et de pouvoir, trop

longtemps monopolisés par une minorité. Cette démarche implique une rupture radicale avec les

narratifs fatalistes et les représentations dévalorisantes de la politique, qui entretiennent la

méfiance, l’inaction et la déresponsabilisation collective.

Car en aucune manière une science dont la mission est d’organiser, de structurer et de créer de

meilleures conditions pour la bonne gouvernance de la chose publique, ainsi que de promouvoir

le bien-être collectif durable d’une société, ne peut être tenue pour responsable des déboires, de

l’opprobre et de l’hécatombe que connaît Haïti.

Il est désormais temps d’assumer, avec lucidité et courage, une responsabilité partagée dans la

lente dégradation des fondements de la nation. Cela suppose non seulement une introspection

collective, mais aussi un renversement de la logique du bouc émissaire, qui consiste à imputer

systématiquement les dysfonctionnements internes à des forces extérieures. Continuer à blâmer

"le Blanc", en tant que figure abstraite de l’oppression ou de l’ingérence étrangère, revient à

s’exonérer de toute responsabilité historique et à retarder l’émergence d’une conscience nationale

mature et souveraine.

Par exemple, il semblerait que ce même "Blanc" soit responsable de notre incapacité à

débarrasser les rues de Port-au-Prince des innombrables tas de détritus qui les encombrent. De

même, c’est encore lui, dit-on, qui nous aurait contraints à détourner les fonds initialement

destinés à l’éducation, à la santé, aux infrastructures et à d’autres secteurs essentiels, au profit de

nos propres intérêts mesquins et inavouables.

La refondation du pays passe nécessairement par une redéfinition des rapports entre générations,

entre gouvernés et gouvernants, et entre les citoyens et la chose publique. Elle ne saurait aboutir

sans une jeunesse haïtienne instruite, compétente, politiquement engagée et dotée d’un sens aigu

de l’éthique et de la responsabilité collective. C’est à ce prix que pourra se construire une société

plus juste, inclusive et tournée vers l’avenir.



Le rôle de la jeunesse haïtienne dans le développement durable : une approche

critique des dynamiques d’exclusion politique

Il est aujourd’hui admis, dans de nombreux travaux de sciences sociales, que le développement

durable d’une société dépend en grande partie de la qualité de sa gouvernance et du niveau

d’implication de ses citoyens, en particulier de sa jeunesse. En Haïti, la jeunesse représente non

seulement une majorité démographique, mais aussi un potentiel inestimable de transformation

sociale. Pourtant, cette jeunesse est largement absente des espaces de décision politique. L’objectif

de cet article est de proposer une réflexion critique sur les formes d’exclusion structurelle

auxquelles elle est confrontée et de souligner les implications de cette marginalisation pour l’avenir

démocratique du pays.

La jeunesse : une ressource stratégique pour le développement durable

La jeunesse constitue un vecteur fondamental de renouvellement social, de créativité et

d’innovation. Dans un contexte marqué par des crises multidimensionnelles, sa contribution est

décisive. Plus encore, une jeunesse éduquée, consciente de ses droits et dotée de compétences

civiques peut jouer un rôle majeur dans la construction d’un avenir durable, équitable et stable. En

théorie, l’intégration de la jeunesse dans les dynamiques de gouvernance semble aller de soi. En

pratique, cependant, elle demeure largement marginalisée.

Les logiques d’exclusion politique : une aliénation reproduite

L’exclusion de la jeunesse haïtienne repose sur des mécanismes institutionnalisés. Un discours

normatif et dissuasif, transmis dès l’enfance, présente la politique comme un domaine corrompu,

dangereux et immoral. Cette perception, entretenue parfois par les élites politiques elles-mêmes,

tend à exclure les jeunes des espaces de délibération, de contestation ou de prise de décision. Elle

sert un statu quo fondé sur la reproduction des élites et la fermeture du champ politique.

3. La diabolisation de la politique : un piège idéologique

La politique est trop souvent perçue comme un espace intrinsèquement vicié. Or, en tant que

discipline scientifique, la science politique offre des outils méthodologiques et éthiques essentiels

pour structurer la vie publique. Disqualifier cette discipline revient à désarmer les citoyens face

aux défis de la gouvernance. Cette diabolisation contribue à entretenir une culture du

désengagement, particulièrement nocive dans une société où les institutions peinent à se stabiliser.

4. L’éducation civique comme levier de transformation

Pour contrer cette dynamique, il est impératif de renforcer l’éducation civique, en la fondant sur

la rationalité, la pensée critique et la valorisation de la participation citoyenne. L'engagement

politique de la jeunesse ne doit pas être perçu comme une menace, mais comme un impératifstratégique. Une jeunesse informée et responsabilisée est à même de transformer les structures de

gouvernance et d’instaurer un nouveau contrat social fondé sur l’inclusion, la transparence et la

redevabilité.

5. Le piège du bouc émissaire : entre déresponsabilisation et résignation

La tentation de rendre des forces extérieures — "le Blanc" — responsables de tous les

dysfonctionnements internes constitue un frein majeur à l’émergence d’une conscience nationale

autonome et mature. Cette posture victimaire, souvent nourrie par l’histoire coloniale et

postcoloniale, ne peut plus tenir lieu d’analyse politique. L’heure est à la lucidité, à l’autocritique

et à la responsabilisation collective, sans laquelle aucune refondation durable n’est envisageable.

En somme, la refondation d’Haïti passe inévitablement par l’implication active de sa jeunesse dans

la gestion de la chose publique. Cela exige non seulement une revalorisation de la politique comme

espace d’engagement collectif, mais aussi une remise en question des structures qui excluent

systématiquement les jeunes des décisions qui affectent leur avenir. Loin d’être un danger, la

jeunesse haïtienne doit être perçue comme une chance historique. Encore faut-il lui donner les

moyens de devenir un acteur central du changement.Le rôle de la jeunesse haïtienne dans le développement durable : une approche critique des

dynamiques d’exclusion politique

Cet article propose une lecture critique du rôle de la jeunesse haïtienne dans le développement

durable, en mettant en lumière les mécanismes structurels d’exclusion politique auxquels elle fait

face. À travers une analyse socio-politique des discours, des représentations et des pratiques

institutionnelles dominantes, l’auteur examine comment la marginalisation de cette frange

démographique compromet les dynamiques de gouvernance inclusive, tout en nourrissant un

climat de méfiance civique. L’article défend l’idée que seule une jeunesse formée, politiquement

engagée et socialement intégrée peut contribuer efficacement à la refondation démocratique du

pays. Il plaide en faveur d’une éducation civique critique et d’une revalorisation du politique

comme espace de transformation sociale, à rebours des récits fatalistes et des logiques de bouc

émissaire.

Mots-clés :


Jeunesse – Développement durable – Haïti – Exclusion politique – Engagement civique –

Gouvernance – Éducation civique – Science politique – Participation citoyenne –

Représentations sociales


Introduction

Il est aujourd’hui admis, dans de nombreux travaux de sciences sociales, que le développement

durable d’une société dépend en grande partie de la qualité de sa gouvernance et du niveau

d’implication de ses citoyens, en particulier de sa jeunesse. En Haïti, la jeunesse représente non

seulement une majorité démographique, mais aussi un potentiel inestimable de transformation

sociale. Pourtant, cette jeunesse est largement absente des espaces de décision politique.

L’objectif de cet article est de proposer une réflexion critique sur les formes d’exclusion

structurelle auxquelles elle est confrontée et de souligner les implications de cette

marginalisation pour l’avenir démocratique du pays.1. La jeunesse : une ressource stratégique pour le développement durable

La jeunesse constitue un vecteur fondamental de renouvellement social, de créativité et

d’innovation. Dans un contexte marqué par des crises multidimensionnelles, sa contribution est

décisive. Plus encore, une jeunesse éduquée, consciente de ses droits et dotée de compétences

civiques peut jouer un rôle majeur dans la construction d’un avenir durable, équitable et stable.

En théorie, l’intégration de la jeunesse dans les dynamiques de gouvernance semble aller de soi.

En pratique, cependant, elle demeure largement marginalisée.


2. Les logiques d’exclusion politique : une aliénation reproduite

L’exclusion de la jeunesse haïtienne repose sur des mécanismes institutionnalisés. Un discours

normatif et dissuasif, transmis dès l’enfance, présente la politique comme un domaine corrompu,

dangereux et immoral. Cette perception, entretenue parfois par les élites politiques elles-mêmes,

tend à exclure les jeunes des espaces de délibération, de contestation ou de prise de décision. Elle

sert un statu quo fondé sur la reproduction des élites et la fermeture du champ politique.


3. La diabolisation de la politique : un piège idéologique

La politique est trop souvent perçue comme un espace intrinsèquement vicié. Or, en tant que

discipline scientifique, la science politique offre des outils méthodologiques et éthiques

essentiels pour structurer la vie publique. Disqualifier cette discipline revient à désarmer les

citoyens face aux défis de la gouvernance. Cette diabolisation contribue à entretenir une culture

du désengagement, particulièrement nocive dans une société où les institutions peinent à se

stabiliser.


4. L’éducation civique comme levier de transformation

Pour contrer cette dynamique, il est impératif de renforcer l’éducation civique, en la fondant sur

la rationalité, la pensée critique et la valorisation de la participation citoyenne. L'engagement

politique de la jeunesse ne doit pas être perçu comme une menace, mais comme un impératif

stratégique. Une jeunesse informée et responsabilisée est à même de transformer les structures de

gouvernance et d’instaurer un nouveau contrat social fondé sur l’inclusion, la transparence et la

redevabilité.


5. Le piège du bouc émissaire : entre déresponsabilisation et résignation

La tentation de rendre des forces extérieures — "le Blanc" — responsables de tous les

dysfonctionnements internes constitue un frein majeur à l’émergence d’une conscience nationaleautonome et mature. Cette posture victimaire, souvent nourrie par l’histoire coloniale et

postcoloniale, ne peut plus tenir lieu d’analyse politique. L’heure est à la lucidité, à l’autocritique

et à la responsabilisation collective, sans laquelle aucune refondation durable n’est envisageable.


Conclusion

La refondation d’Haïti passe inévitablement par l’implication active de sa jeunesse dans la

gestion de la chose publique. Cela exige non seulement une revalorisation de la politique comme

espace d’engagement collectif, mais aussi une remise en question des structures qui excluent

systématiquement les jeunes des décisions qui affectent leur avenir. Loin d’être un danger, la

jeunesse haïtienne doit être perçue comme une chance historique. Encore faut-il lui donner les

moyens de devenir un acteur central du changement.


Port-au-Prince, le 04 juin 2025

Par Kesnel BELEJAN

Citoyen engagé

Doctorant en science politique, spécialiste en management du DD et Études Environnementales

 
 
 

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